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Un lieu de réflexion clinique


Réflexions en psychothérapie jeunesse sur la relation parent-enfant, le sentiment de compétence parentale et la façon dont le changement peut circuler autour du jeune.



Réflexions cliniques

Portrait de Patrick Fraser, psychologue et superviseur clinique

Relations et développement

Relation parent-enfant, compétence parentale et influences réciproques


En psychothérapie jeunesse, le jeune n’évolue jamais seul.Ses difficultés influencent ses parents, les relations familiales et l’équilibre du quotidien. Mais l’inverse est également vrai : la façon dont les adultes comprennent les difficultés du jeune, y réagissent et se sentent eux-mêmes dans leur rôle influence ce que celui-ci vit.Cette réciprocité m’intéresse particulièrement.Les parents souhaitent aider sans toujours savoir comment.Les jeunes souhaitent être soutenus sans nécessairement vouloir être dirigés.Et le thérapeute tente de favoriser le changement sans devenir celui qui explique à chacun ce qu’il devrait faire.De bonnes intentions peuvent parfois produire des effets inattendus. Un jeune peut finir par croire qu’il doit changer pour être acceptable. Un parent peut entendre une recommandation comme la confirmation qu’il n’a pas été suffisamment compétent. Le thérapeute peut alors se retrouver à porter le changement pour plusieurs personnes à la fois.Mais la relation peut également devenir un puissant levier.Lorsque le jeune demeure partie prenante du processus, que les parents se sentent compris plutôt qu’évalués et que chacun accepte d’essayer quelque chose de différent, la confiance peut commencer à circuler dans le système.Ces réflexions explorent ce qui se joue entre le jeune, ses parents et le thérapeute lorsque chacun tente, à sa façon, de protéger quelque chose d’important.Patrick Fraser, psychologue

Ces réflexions sont issues de questions rencontrées en psychothérapie jeunesse et dans les espaces de supervision clinique. Elles proposent un éclairage général et ne remplacent pas une analyse adaptée à une situation particulière.


Réflexions disponibles :


Lorsque l’enfant commence à croire qu’il doit changer pour être acceptable

Réflexion sur ce que nos tentatives d’aide peuvent parfois communiquer au jeune malgré nos intentions.


Lorsque le parent commence lui aussi à se demander s’il est à la hauteur

Réflexion sur le sentiment de compétence parentale et ce que certaines recommandations thérapeutiques peuvent involontairement faire vivre aux parents.


Et si aider l’enfant passait parfois par ceux qui l’accompagnent?

Réflexion sur les rencontres parentales, l’alliance thérapeutique et la circulation du changement autour du jeune.


À poursuivre...

Ces réflexions continueront de s’enrichir au fil des questions rencontrées en psychothérapie et en supervision clinique.


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Les impasses du changement

Motivation, évitement et mécanismes de maintien


Le sentiment d'inadéquation

Sentiment de compétence, identité et différences neurodéveoppementales


Ces réflexions font écho à une situation que vous rencontrez dans votre pratique?Si vous souhaitez échanger à propos de vos besoins en supervision, je vous propose un appel découverte gratuit de 15 minutes.


Lorsque l’enfant commence à croire qu’il doit changer pour être acceptable

Réflexion clinique sur les bonnes intentions, le sentiment d’inadéquation et ce que nos tentatives d’aide peuvent parfois communiquer.

Publié en octobre 2026 - Patrick Fraser, psychologue


La plupart des parents que je rencontre veulent sincèrement aider leur enfant.Ils s’inquiètent.
Soutiennent.
Encouragent.
Cherchent des solutions.
Et lorsque les difficultés persistent, les interventions ont naturellement tendance à se multiplier.Les rappels.
Les stratégies.
Les rendez-vous.
Les objectifs.
Les choses à travailler.
Tout cela part généralement d’un profond désir de bien faire.Pourtant, je me demande parfois ce que le jeune finit par entendre lorsque les conversations qui l’entourent portent principalement sur ce qui devrait changer.

À partir de combien de tentatives pour aider un enfant celui-ci commence-t-il à croire qu’il devrait être différent de ce qu’il est aujourd’hui?

Bien entendu, aucun parent ne souhaite transmettre ce message.Mais certains jeunes semblent néanmoins finir par entendre quelque chose comme :

« Je serai enfin correct lorsque j’aurai changé. »

C’est là que le désir d’aider peut devenir paradoxal.Plus les adultes cherchent à favoriser le changement, plus le jeune peut parfois se sentir inadéquat. Et plus il se sent inadéquat, moins il souhaite parfois recevoir de l’aide.En supervision clinique, cette tension me ramène à une question qui paraît simple, mais qui ne l’est pas tant :

Comment favoriser le changement sans que celui-ci devienne une condition pour que le jeune puisse se sentir suffisamment correct tel qu’il est aujourd’hui?

Peut-être qu’aider un enfant à grandir demande justement de réussir à lui transmettre deux messages en même temps :Certaines choses peuvent changer.

Tu n’as pas besoin d’attendre qu’elles changent pour avoir de la valeur.


Cette réflexion fait écho à une situation que vous rencontrez dans votre pratique?Si vous souhaitez échanger à propos de vos besoins en supervision, je vous propose un appel découverte gratuit de 15 minutes.



Lorsque le parent commence lui aussi à se demander s’il est à la hauteur

Réflexion clinique sur le sentiment de compétence parentale et ce que nos recommandations peuvent parfois faire vivre aux parents.

Publié en octobre 2026 - Patrick Fraser, psychologue


Il m’arrive de rencontrer un jeune particulièrement sensible à tout ce qui pourrait lui donner l’impression qu’il n’est pas à la hauteur.Il refuse l’aide.
Réagit fortement lorsqu’on lui dit quoi faire.
Supporte difficilement qu’on lui rappelle ses difficultés.
Puis je rencontre ses parents.Et parfois, quelque chose de familier apparaît.Eux aussi veulent bien faire.
Eux aussi doutent.
Eux aussi peuvent être particulièrement sensibles à ce qui pourrait laisser entendre qu’ils auraient dû agir autrement.
Cette ressemblance me fait réfléchir.Parce qu’en tant que professionnels, nous rencontrons souvent les parents avec plusieurs idées en tête.Des recommandations.
Des stratégies.
Des ajustements qui pourraient être utiles.
Et nous avons généralement de très bonnes intentions.Pourtant, il existe parfois un écart entre ce que nous souhaitons transmettre et ce qu’un parent peut entendre.« Voici quelque chose qui pourrait aider votre enfant. »peut parfois être reçu comme :

« Voilà ce que vous auriez dû faire depuis longtemps. »

À partir de là, quelque chose peut se fermer.Le parent peut paraître plus défensif ou moins ouvert à ce qu’on lui propose.Il serait facile d’y voir un manque de collaboration.Je me demande parfois si nous rencontrons plutôt un parent qui essaie, lui aussi, de protéger son propre sentiment de compétence.Et là, la situation devient particulièrement intéressante.

Le jeune peut se sentir inadéquat lorsqu’on lui dit quoi faire.
Le parent peut se sentir inadéquat lorsqu’on lui explique comment intervenir.

Et le thérapeute, avec les meilleures intentions du monde, peut se retrouver à essayer de convaincre tout le monde de faire autrement.Pas exactement la position la plus confortable.En supervision clinique, cela me ramène souvent à notre posture.Avons-nous suffisamment pris le temps de comprendre avant de proposer?Le parent peut-il reconnaître son expérience dans notre compréhension de son enfant?Nos suggestions ouvrent-elles une possibilité ou ressemblent-elles, malgré nous, à une correction?Soutenir un enfant passe parfois aussi par le fait de protéger suffisamment le sentiment de compétence de ceux qui l’accompagnent au quotidien.La question devient alors :

Comment inviter un parent à essayer quelque chose de différent sans que cette invitation lui confirme qu’il n’a pas été suffisamment bon jusqu’ici?


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Et si aider l’enfant passait parfois par ceux qui l’accompagnent?

Réflexion clinique sur les rencontres parentales, l’alliance thérapeutique et la circulation du changement autour du jeune.

Publié en octobre 2026 - Patrick Fraser, psychologue


Il m’arrive parfois de sortir d’une rencontre avec des parents avec l’impression d’avoir fait avancer la psychothérapie d’un jeune…sans avoir rencontré le jeune cette journée-là.Cette impression m’a longtemps intrigué.Aujourd’hui, elle me semble moins paradoxale.Parce qu’en psychothérapie jeunesse, le changement ne se déroule jamais uniquement dans le bureau du thérapeute.

Il retourne à la maison.

Je trouve notamment très riche, lorsque la situation le permet, de rencontrer les deux parents.Pas seulement pour recueillir davantage d’informations.Il y a aussi quelque chose de symbolique.

Le jeune n’est plus la seule personne à qui l’on demande d’essayer quelque chose de différent.

Et je pense que ce message mérite d’être pris au sérieux.Bien entendu, cela suppose une condition essentielle : que le jeune demeure partie prenante du processus.Qu’il sache que nous allons rencontrer ses parents.Qu’il comprenne pourquoi.Que nous respections ce qu’il souhaite ou non voir partagé.Curieusement, j’ai souvent l’impression que cette transparence ne fragilise pas l’alliance thérapeutique.Elle peut au contraire la renforcer.Puis quelque chose d’autre peut se produire.Les parents constatent que nous avons réellement pris le temps de connaître leur enfant.Ils reconnaissent leur jeune dans ce que nous leur présentons.Notre compréhension devient crédible à leurs yeux.Les propositions qui suivent ne viennent alors plus simplement d’un spécialiste qui explique aux parents ce qu’ils devraient faire.Elles prennent appui sur une compréhension partagée de leur enfant.C’est là que j’observe parfois ce que j’appellerais une sorte de contamination positive de la confiance.Le jeune nous fait suffisamment confiance pour permettre cette rencontre.Les parents développent davantage de confiance dans le processus.Et, idéalement, ils ressortent aussi avec un peu plus de confiance dans leur propre capacité à accompagner leur enfant.

Le changement ne repose alors plus uniquement sur le jeune.
Il commence à circuler.

Cela me paraît particulièrement important auprès des jeunes anxieux.Si nous souhaitons les aider à devenir des « machines à essayer », ils ont besoin d’un environnement où essayer est possible.Un environnement où l’erreur n’est pas immédiatement inquiétante.Où l’incertitude peut être tolérée.Où les adultes peuvent eux aussi ajuster, essayer et recommencer.En supervision, je me demande alors parfois si notre influence auprès d’un jeune dépend uniquement de la qualité des interventions que nous faisons directement avec lui.Peut-être qu’une partie importante de notre travail consiste aussi à aider ceux qui l’accompagnent à créer les conditions dans lesquelles le changement devient possible.Et si, pour aider un jeune à essayer quelque chose de différent, il fallait parfois que les adultes autour de lui acceptent eux aussi d’essayer?


Cette réflexion fait écho à une situation que vous rencontrez dans votre pratique?Si vous souhaitez échanger à propos de vos besoins en supervision, je vous propose un appel découverte gratuit de 15 minutes.